Irina Bokova

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Irina Bokova


Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur Général,
Excellences,

Tout d’abord, permettez-moi d’exprimer ma profonde satisfaction de voir la Bulgarie revenir au Conseil exécutif après 10 ans d’absence, et ma conviction que cette session sera constructive et fructueuse.
En tant que nouveau membre du Conseil nous allons déployer des efforts, comme nous l’avons fait jusqu’à présent, pour joindre notre approche responsable à l’évolution véritable de l’Organisation. Nous serons heureux si nous pouvons marquer notre présence au Conseil par un certain succès, mais le plus important est de laisser notre empreinte sur l’activité de l’UNESCO parce que comme le grand Einstein l’a souligné « Try not to become a man of success but a man of value ».

Permettez-moi d’exprimer la position favorable de mon pays concernant les priorités qui sont à la base du programme et du budget pour les deux années à venir et de la Stratégie à moyen terme de l’UNESCO, adoptés à la dernière Conférence générale.

Le grand objectif que s’est posé l’UNESCO – Education pour tous d’ici 2015 – est un objectif de très grande envergure qui témoigne de la justesse de la conception de l’Organisation de ce problème.

« Pourquoi ce problème est-il aussi important ? Parce que je crois que nous nous en rendons tous compte – on ne saurait demander à un Etat d’aller de l’avant, si ses citoyens sont analphabètes, si ses enfants n’ont pas accès à l’éducation, si ses filles ne peuvent pas fréquenter l’école à pied d’égalité avec les garçons ». Tels étaient les propos du Président bulgare en tant qu’invité spécial à l’ouverture de la 34e session de la Conférence générale.

La Bulgarie qui possède de riches traditions dans le domaine de l’éducation se félicite du mandat de l’UNESCO en tant que coordinateur mondial de l’EPT et des progrès obtenus dans ce sens. Selon nous, les défis du programme « Education pour tous » se situent au niveau national. Voilà pourquoi l’UNESCO doit cibler la plupart de ses efforts au niveau local, parce que c’est là l’endroit où se joue l’essentiel. A notre avis, l’UNESCO a su également répondre aux exigences d’élargir les possibilités d’accès à l’enseignement secondaire, à l’enseignement et à la formation technique et professionnelle et à l’enseignement supérieur.

Néanmoins, il faudrait accentuer davantage sur la recherche de nouveaux partenariats et de ressources extrabudgétaires, sur le renforcement des capacités (y compris celles des Chaires UNESCO et des écoles associées) et sur la promotion de la coopération interrégionale aux fins des échanges de bonnes pratiques et de l’accroissement du niveau d’expertise.

Je voudrais souligner que pour la Bulgarie sans résultats concrets obtenus dans l’éducation on ne pourrait pas atteindre les objectifs du millénaire: knowledge-driven society and sustainable development et ici, je voudrais citer le Directeur général qui a souligné hier dans son discours que: « Unesco must become Agency of choice for countries as they seek support to respond to these challenges ».

En ce qui concerne la culture, il est à souligner le rôle exceptionnel est unique de l’UNESCO dans la définition des normes et standards internationaux. Nous nous félicitons des efforts conséquents du Secrétariat de promouvoir une vision intégrée de la culture dans les problématiques du développement, de l’innovation, du dialogue et de la cohésion sociale « sur la base d’un socle normatif ». Grâce à ces efforts et grâce au travail du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine immatériel qui a tenu sa Deuxième session extraordinaire à Sofia, les directives opérationnelles de la Convention ont été finalisées tout en sauvegardant l’esprit d’Alger, de Chengdu et de Tokyo. Ces directives seront adoptées à la Conférence des Etats parties en juin prochain. La session de Sofia, étant ouverte par la plus haute autorité – le Président de la Bulgarie, comme l’a souligné le Président du Conseil exécutif, et je voudrais le remercier pour sa haute appréciation, témoigne du soutient que notre Gouvernement apporte à la sauvegarde du patrimoine immatériel.

Voilà pourquoi, nous avons entrepris des démarches concrètes visant à créer en Bulgarie un Centre régional pour la protection du patrimoine culturel immatériel qui sera placé sous l’égide de l’UNESCO et qui réunira les efforts des pays de l’Europe du Sud-Est, de la région de la Mer Noire ainsi que de la région du Caucase. A l’avenir, ce Centre régional pourrait coopérer sur une base interrégionale avec l’Afrique qui reste parmi nos priorités.

En parlant de la coopération régionale, j’aimerais citer à tire d’exemple la réunion régionale d’experts sur l’établissement des inventaires nationaux, tenue en Bulgarie, en 2007, avec l’assistance exceptionnelle du Secteur de la culture de BRESCE. Cette réunion a été un outil efficace pour la promotion des idées de la Convention de 2003 qui a suscité l’intérêt aussi bien des professionnels que de l’opinion publique.

Comme vous le savez, la Bulgarie prête une attention particulière à la coopération avec les pays de l’Europe du Sud-Est et participe à toutes les rencontres aux sommets organisées par le Directeur général et les Chefs d’Etat de la région, consacrées au dialogue entre les civilisations et les cultures. Le résultat concret de tous ses rencontres sont les stratégies et le plan d’action adoptés par les ministres de la culture de la région qui identifient l’éducation au et à travers le patrimoine culturel et historique comme un élément essentiel de la diversité culturelle et du rapprochement mutuel.

En félicitant les acquis de l’UNESCO dans son activité normative, il me semble nécessaire d’attirer l’attention sur la nécessité d’une approche plus égalitaire, qui accorderait la même importance à toutes les Conventions adoptées par notre Organisation.

Il est nécessaire de mentionner la juste approche et les efforts conséquents de l’UNESCO pour intensifier les programmes scientifiques intergouvernementaux et internationaux. La Bulgarie considère les possibilités de promouvoir la coopération des pays sur les problèmes des écosystèmes côtiers, des réserves de la biosphère et des réserves naturelles, comme un objectif d’importance particulière. Nous sommes persuadés que l’intégration du potentiel des centres de recherche et des programmes nationaux dans le but de résoudre les problèmes régionaux relevant de l’économie, la migration et l’écologie vont améliorer la qualité de vie.

C’est pourquoi nous considérons que les recommandations du Comité pour l’examen d’ensemble des grands programmes II et III doivent donner matière à une réflexion ultérieure.

A l’heure des changements climatiques à l’échelle globale et à la lumière de la pertinence considérable de l’initiative des Nations Unies « Unis dans l’action » visant à favoriser le resserrement de la coopération sur les questions environnementales, l’UNESCO doit mieux positionner ses programmes pour éviter tout doublage avec les activités de la future agence de l’ONU pour l’environnement.

Et pour finir, je voudrais dire que la Bulgarie appuie les propositions du Directeur général concernant les plates-formes intersectorielles et considère qu’elles sont bien identifiées. Elles sont surtout un nouveau moyen d’aborder de façon plus cohérente et coordonnée des questions complexes et de défis qui se posent au niveau global, régional et national. Elles ont pour objet la mise en œuvre du programme ordinaire et la réalisation des résultats escomptés qui ont été approuvés par la Conférence générale et dont on attend une amélioration de la qualité, de la cohérence et de la pertinence dans l’exécution de notre programme.

Et comme Horace l’a bien dit : « He has the deed half done, who has made a beginning!»